Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées est tout à fait fortuite.
Tous droits réservés copyright mars 2006 Frédéric Gomez ( Fico)
Textes originaux protégés Dépôt légal mars 2006 ISBN 2-907397-00-1
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Le Lion et la source de St Floret

   Il y avait un jour dans un pays connu sous le nom de St Floret , de très pauvres gens qui avaient depuis longtemps perdus toute illusion et le sens de la belle vie. C’était pour la plupart des gens de la terre aux mains tordues par le vent froid des hivers trop rudes et tout le temps passé à travailler la terre. Les femmes portaient des châles noirs comme la nuit  et de longues robes qui traînaient derrière elles. Coiffées d’un foulard si  vieux qu’il s’effilochait sur les bords. . Les hommes  d’un tempérament bourru , l’œil noir et le regard inquiet regardaient  chaque étranger d’un air méfiant. Les paroles ne sortaient que rarement de leur bouche surmontée d’une très grosse moustache pour  certains d’entre eux. Quelques uns s’étaient laissé pousser la barbe par lassitude sans doute. Leurs vêtements taillés dans une toile grossière rapiécée et usée portaient les marques des labours tardifs ou les traces des griffes de buissons épineux.. Leur pantalon tombait sur des godillots maculés de terre , certains portaient encore des sabots remplis de paille pour les rendre moins corrosifs. Les enfants quand à eux avaient des yeux d’anges effrayés et quand le vent soufflait ils clignaient des yeux . Leur visage semblait si triste qu’ils faisaient peine à voir . Ils étaient habillés de vieux linges rapiécés et trop court. C’étaient des gens pauvres parmi les plus pauvres que comptait la région. Le creux  des montagnes étaient leur seul refuge . Quand la bise se mettait à souffler , alors chacun allait se mettre à l’abri et dans chaque maison les cheminées se mettaient à fumer… Dehors seule la cime des sapins dansait une danse folle, quelques chiens aboyaient et se faisaient écho .

    Ce pays à ce qu‘on dit  portait les traces d’un drame qui s’était déroulé il y a bien longtemps  et les gens qui y habitaient succombaient sous le poids de la douleur et de la culpabilité. Nul ne sait ce qui s’était vraiment passé mais la rumeur dit que tous les ans un enfant mourrait juste après l’équinoxe d’automne à la première pleine lune d’une maladie inconnue. Et tout les ans comme une malédiction le drame se déroulait, chacun se demandant à qui serait le tour . Dans ce pays nulle fête était organisée la musique était bannie car le cœur n’y était plus …

    C’est dans cette ambiance qu’un jour du mois de septembre un cirque passant par là, planta le chapiteau sur la petite place du village d’à coté, à Saurier exactement car  à St Floret  les maisons étaient blotties  le long de la rivière et il ne laissait pas suffisamment d’espace pour un chapiteau et sa ménagerie . Les gens de Saurier  ressemblaient à ceux de St Floret  et la malédiction avait semble t-il fait tache d’huile ils se ressemblaient par leur étrange attitude et leur apparence sordide. Le soir de la représentation il y eu un curieux événement , seuls quelques places avaient été vendues et les bêtes s’agitaient anormalement dans leur cage . Il y avait un lion et une lionne , un singe et plus un lama , un âne et deux chèvres attachées à un piquet . Les gens de ce pays n’avaient pas le cœur à aller au cirque pourtant devant l’insistance de certains enfants quelques parents s’étaient décidés et pour quelques sous ils avaient emmenés leurs bambins sous les lumières du chapiteau. Les lions tournaient en rond et se mordaient le queue .. Le singe se jetait curieusement contre les barreaux de sa prison en poussant des cris  si bien qu’ils réussirent à interrompre le spectacle juste au moment ou le clown blanc allait entrer en scène.  Avaient–t-ils pressentis quelque chose d’anormal, de curieux de surnaturel peut être , on dit que les animaux ont l’extraordinaire faculté de ressentir certaines choses que les humains ne ressentent pas.

   La suite nous le prouva car une fois le spectacle interrompu tout le monde jeta un regard sur la cage ou était enfermé les deux lions qui rugissaient tant et tant qu’un frisson couru le long du dos de tous ceux qui étaient là et bien au-delà, dans la vallée encaissée ou coule la Couze . C’est alors qu’apparut  dans le ciel brumeux la silhouette d’un étrange fantôme gigantesque et noir, c’était La Malédiction qui voulait s’abattre sur le petit cirque qui avait osé  troubler la torpeur entretenue. Ce fantôme de la malédiction  glaça les deux communautés. C’est alors que le lion qu’on appelait Gargantua tant son appétit était grand et ses crocs démesurés excité au maximum par cette apparition surnaturelle sauta si fort contre les barreaux de sa cage, qu’ils cédèrent . La terreur du lion avait décuplé sa force. Il poursuivit le fantôme de la Malédiction tant et tant qu’il finit par le saisir quelque part du coté de St Floret sur le bord du ruisseau , sur les flancs de la montagnes . Gargantua mordit la Malédiction plusieurs fois et lui en arracha une morceau.. Celle-ci voulu s’enfuir mais le lion devenu fou de peur et de colère la rattrapait sans cesse . L’ombre maléfique lacéra la gueule du lion à plusieurs reprises de ses griffes longues et sales . Sa cape noire lui donnait une certaine apparence humaine, mais Gargantua ne se laissa pas démonter malgré sa position de relative faiblesse il sauta au cou de la Malédiction et serra fort ses mâchoires comme des pinces de forgeron . Si fort que celle-ci en se débattant laissa échapper un cri effroyable, un hurlement à la mort si puissant qu’il résonna dans la vallée à mille lieux à la ronde ! Avant de succomber elle réussit néanmoins à frapper ce pauvre Gargantua d’un grand coup de poignard qu’elle sortir de dessous son manteau. Le fantôme de la Malédiction mourut et c’était bien mérité tant le mal qu’il avait fait était immense et avait rendu la population de la vallée totalement soumise et anxieuse. Quand à Gargantua avant de mourir, il poussa un rugissement encore plus grand que le cri du fantôme et se figea instantanément comme un bloc de pierre en baissant légèrement la tête. Depuis ce jour nul ne subit encore une seule fois le sort de la Malédiction, les enfants ne mourraient plus après l’équinoxe d’automne et les gens réapprirent à vivre . Ils réécoutèrent de la  musique  et sur les joues des enfants il ne coulait plus de larmes de tristesse et de  peur mais des larmes de joie et de gaieté. Les femmes au printemps qui suivit  portèrent des vêtements plus colorés car elles n’avaient plus peur de perdre leur enfant et certaines d’entre elles pour conjurer davantage le sort chaque fois qu’un enfant était malade montaient dans la grotte qu’on appèle aujourd’hui la «  fontaine du ventre «  et trempaient un linge d’un enfant malade. Puis d’un geste brusque le lançaient sur le plafond de la grotte.  Si le linge restait collé l’enfant malade serait  guérit, si le linge retombait c’est que le remède n’était pas bon . Il fallait alors changer de médication, si vous ne croyez  en rien à cette histoire , allez  donc jeter un coup d’œil  du côté de Champeix entre Saurier et St Floret, il y a là dans la vallée, à flanc de coteaux une tête de lion gigantesque en pierre. Dame Nature dans son immense bonté lui donne même à boire car elle a fait jaillir une source juste au-dessus de  la tête de Gargantua une source «  appelée la source de la Tête de Lion «  pour qu’il puisse se désaltérer à tout jamais et cela n’est que justice rendue.